Alien Earth

Un très bon space-opéra, sauce Robin Hobb.

Vous connaissez peut-être Robin Hobb, célèbre autrice de fantasy, fort connue pour son cycle La citadelle des ombres (ou l'Assassin Royal selon l'époque d'édition), les Aventuriers de la Mer, le Fou et l'Assassin, Liavek....

Eh bien Megan Lindholm, c'est elle. Et Alien Earth le titre de sa seule et unique incursion dans un univers de science fiction.

Ce texte est déjà paru il y a un paye de cela (2006) en poche en France, et l'année dernière, les éditions Actu SF l'ont ressorti des cartons avec une couverture toute belle et assez stylée, moderne, dans des tons de noir et d'ocre de bon aloi.

On reconnaît bien là le style de Hobb-Lindholm, avec des personnages riches et denses qui font la part belle du roman. Roman dont la thématique est parfaitement dans l'air du temps, presque avant-gardiste même à la date de première publication aux Etats-Unis, en 1992: l'humanité a fuit sa terre nourricière, avec l'aide d'une race extraterrestre, les Arthoplanes. Terra était sur le point de devenir inhabitable, la faute à qui ? A l'humanité bien sûr, avec sa façon toute à elle de s'approprier son espace vital au détriment de toute autre forme de vie. Une partie de l'humanité a pu fuir en direction de Castor et Pollux, sous la direction de cette race insectoïde, qui décrète que l'espèce humaine se doit de vivre en ne prélevant de son milieu de vie que ce qu'elle est strictement capable d'y réinjecter. Chaque extraction de ressource doit être compensée. Cette nouvelle humanité construit un écosystème bien différent de l'anarchie végétale que l'on peut connaître sur Terre. Chaque végétal, et chaque être humain est à la place que lui confère le Conservatoire. Tout ceci pour coller à une harmonie dictée par les Arthoplanes. Vous le concèderez, voici un destin pas terrible pour l'humanité limitée dans ses naissances, et contrainte d'évoluer au sein d'une société hyper policée au risque de connaître la réadaptation, processus cassant la personnalité de l'individu dont les actes et les pensées ne correspondent plus aux normes acceptées. L'humanité est donc totalement subordonnée à une autre espèce qui lui fait payer bien cher le péché capital d'avoir atomisé son monde d'origine.

L'un des points le plus intéressant de ce roman est bien la philosophie écologique et éthique explicitée et mise en œuvre. Hélas, celle-ci est poussée à l'extrême et surtout, imposée, au détriment de toute forme de liberté. Une dystopie passant pour bienveillante mais qui à tout à voir avec une dictature bien avilissante.

Il se dégage de ce texte une bien digne mélancolie, une recherche, pour les trois protagonistes humains, John, Connie et Raef, de l'humanité perdue puis volée depuis des centaines d'année. Tous les bons ingrédients d'une science fiction qui ne se veut pas trop hard-science sont là, et rendent ce voyage interstellaire à la fois poétique et très bien mené. Oui, Megan Lindholm (alias Robin Hobb) est un grand auteur. Elle a part ailleurs obtenu le rang de Grand Maître au World Fantasy Award, pour l'ensemble de son œuvre en 2021.

Mais....Car il y a souvent un mais. C'est du Robin Hobb, aussi. Pur jus. Et il faut apprécier les longs moments introspectifs, les séances de rêverie et les situations romanesques un peu boursouflées d'émotion. Un des aspects que je trouvais déjà un peu rébarbatif dans ces écrits antérieurs et que nous retrouvons dans ce roman.

En revanche, si vous aimez son style, foncez, vous y trouverez exactement ce que vous recherchez.

Conseillé par Matthieu

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