La dissection des parties du corps humain

Peut-on comprendre la Vie sans étudier la Mort ?

L'impression de cette importante œuvre d'anatomie illustrée débute en 1530. D'abord supervisée par le chirurgien et dessinateur Etienne de la Rivière, elle est confiée par l'éditeur Simon de Colines à son beau-fils Charles Estienne, médecin de son état et humaniste, à partir de 1534. Il apporte des corrections aux premières planches et confie la gravure des planches du tiers livre à un artiste plus confirmé. La 1ère édition en latin – De Dissectione partium corporis humani – parait en 1545, suivie dès 1546 d'une seconde édition en français La dissection des parties du corps humain.
Charles Estienne est le premier à introduire à l'intérieur des planches, un système de numérotation et de légendes, destiné à faciliter la lecture et la compréhension des dessins anatomiques.
Son livre s'inscrit dans le renouveau de l'enseignement médical, préférant au discours dogmatique médiéval l'observation directe pratiquée sur des cadavres disséqués.

Les squelettes et cadavres qui composent les planches de l'œuvre de Charles Estienne font l'objet d'une mise en scène. Ils apparaissent dans des paysages ou des décors d'intérieur ; ils sont pour la plupart en mouvement. Charles Estienne partage ce trait avec Vésale et d'autres anatomistes de la Renaissance mais il le pousse dans un sens macabre plus affirmé. Ainsi ces mises en scène, loin de tenir la mort à distance, la rendent plus palpable, presque insoutenable. Certains de ces écorchés sont clairement des écorchés vifs, des suppliciés.

Le propos esthétique et artistique du graveur s'affirme de page en page jusqu'à se manifester de manière éclatante dans le tiers livre. Cette section de l'ouvrage est consacrée à l'exploration des parties de la génération chez la femme. Mais l'atmosphère générale des planches a changé du tout au tout. Les décors sont des intérieurs raffinés et luxueux de la Renaissance ; les cadavres éplorés font place à des nues aux formes avantageuses et sensuelles, directement inspirées des figures antiques chères à cette époque, telles Proserpine, Vénus ou Bethsabé.

Comme toute œuvre anatomique, cet ouvrage est traversé par un paradoxe, puisqu'il s'agit d'expliquer la vie à partir de la dissection de corps d'hommes morts.

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Conseillé par Maryline


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