Entre le ciel et l’enfer

Auteur : Akira Kurosawa
Editeur : Wilde side vidéo [Paris]
Type de document : 40-Films
Cote : f kur
Résumé : Le président d'une grosse compagnie est sommé de payer une rançon pour revoir son fils, puis il apprend que c'est le fils de son chauffeur qui a été enlevé... Dilemme...

« Toujours par deux ils vont », disait maître Yoda des seigneurs Sith. C’est aussi vrai pour les grands mages du cinématographe, ceux qui portent la lumière dans nos chères salles obscures. Toujours par deux ils vont : le maître et le disciple. Ce qui nous amène à Entre le ciel et l’enfer, chef d’œuvre parmi de nombreux autres du maître nippon Akira Kurosawa.

Pourquoi un coup de projo sur ce film-ci aujourd’hui, alors qu’il date tout de même de 1963, et que son auteur n’a plus rien à prouver ? Pour la simple et bonne raison que son écho vient juste d’apparaître sur notre écran radar. Avec un peu de retard certes, mais on lui pardonne volontiers. 56 ans après, ainsi, le sud-coréen Bong Joon-ho, turbulent disciple de maître Kuro, vient d’enfanter sa version mise à jour d’Entre le ciel et l’enfer : Parasite. Et la palme qui l’a baptisé à Cannes n’est pas volée ! Soit l’occasion idéale pour vous inciter amis cinéphiles à peine remis de la bombe de Bong, à remonter jusqu’à l’épicentre. L’origine de votre godzilla-trauma, si vous voulez...

Parce que si Entre le ciel et l’enfer est la matrice thématique et narrative de Parasite (même intelligence du regard, même topographie de la lutte des classes, même façon de changer d’acte comme on passe à travers le miroir), les deux films coexistent parfaitement l’un à côté de l’autre. Chacun a son pitch, son ton, son point de vue, ses fulgurances esthétiques et son contexte : d’un côté la Corée du Sud contemporaine, où les gueux semblent plus rompus au réel que les nantis hors-sols, de l’autre le Japon des sixties, aveuglé aux néons d’une occidentalisation lui faisant confondre féodalité et loi du marché. Et les situations des deux pays, d’une époque à l’autre, de se répondre, traçant la carte d’un monde où rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transmet, au sens le plus viral du terme.

Deux films-monstres, on vous dit !

Mathieu F, bassin Centre