A la ligne : feuillets d’usine

Auteur : Joseph Ponthus
Editeur : Table Ronde (La) Paris
Publié : 2019
Type de document : 10-Livres
Cote : r pon
Résumé : A la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d'Apollinaire et les chansons de Trenet. C'est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l'odeur de la mer. Par la magie d'une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

Dans ce premier roman, au style cadencé voire haché mais poétique, l’auteur nous dépeint le travail d’un intérimaire qui, en attendant de trouver mieux, va pointer chaque jour à l’usine. L’expérience au milieu des carcasses, dans le sang, dans l’odeur, dans le froid et dans le bruit est dure, douloureuse, et s’éternise plus que prévu.
A mon avis, ce roman est à lire à voix haute pour mieux appréhender la sonorité des mots et le rythme des phrases, d’autant qu’il n’y a aucune ponctuation. Ce qui peut paraître déroutant au début n’est en fait qu’un façon différente d’aborder le texte.
« Ce livre qui est à Krystel et lui doit tout est fraternellement dédié aux prolétaires de tous les pays aux illettrés et aux sans-dents avec lesquels j’ai tant appris ri souffert et travaillé
A Charles Trénet sans les chansons duquel je n’aurais pas tenu
A M.D.G. et à ma mère »

Cécile, Bassin sud