L'impossible paix en Méditerranée

Auteur : Boris Cyrulnik
Editeur : Éd. de l'Aube La Tour-d'Aigue (Vaucluse)
Publié : 2017
Type de document : 10-Livres
Cote : 327 cyr
Résumé : Ce livre est à la fois tragique et optimiste. Tragique, car Boris Cyrulnik et Boualem Sansal s'interrogent sur les racines des guerres qui font rage aujourd'hui en Méditerranée. Ils revisitent les périodes de fracture qui s'étendent de l'hégémonie ottomane à la conquête du Royaume arabe de Grenade, de la découverte des routes océaniques vers les Amériques à l'époque moderne et aux ambitions coloniales. Ils abordent les antagonismes entre une chrétienté défendue par l'Espagne et un islam ottoman expansionniste qui perdurent jusqu'à nos jours... Quant aux terrorismes, ils sont convaincus qu'ils se perpétueront même si la paix est là. Au besoin, ils s'inventeront une cause de rechange. Optimiste, car il est bien le témoin qu'un dialogue reste possible entre les deux rives de la Méditerranée, au milieu du fracas des armes.

Interview croisée (menée par José LENZINI) de  deux intellectuels, le premier psychiatre et neurologue français, le second écrivain algérien. Le menu est dense et chaque protagoniste devra répondre plutôt brièvement à des questions pertinentes. Néanmoins, les réflexions sont poussées, creusées. Les deux funambules restent en équilibre en déroulant leurs thèses sur de nombreux sujets brûlants : islamisme, antisémitisme (les deux thèmes se recoupant de plus en plus), conflits israélo-palestiniens, poids divers des U.S.A., de la Russie, de l’Europe ou encore de l’O.N.U. sur la scène politique mondiale, comparaison de l’islamisme et du nazisme, situations politico-religieuses du Maghreb, du Moyen-Orient, chimère de la paix, des paix devrait-on dire, intérêts des grands puissances, etc. Les deux penseurs se répondent parfois, l’un rebondissant de manière dynamique sur la thèse de l’autre. C’est tout de même un échange assez relevé donc il ne faut pas s’emballer à sa lecture. Certains passages peuvent s’avérer complexes, pourtant ils sont dits, écrits avec simplicité, sans mots où un dictionnaire nous apparaîtrait comme indispensable. En fin de volume, plusieurs annexes : un « Appel des écrivains pour la paix » lancé en 2012 par Boualem SANSAL et David GROSSMAN, suivi d’un article du même SANSAL sur Jérusalem, une lettre visionnaire de FREUD datée de 1930, pour terminer sur des réponses bonus de l’interview par CYRULNIK parues en 2009. Une conversation qui donne envie d’aller plus loin, de mieux comprendre ce qui se passe irrémédiablement sous nos yeux impuissants, grâce à des pistes soutenues,  tracées par deux hommes éclairés et dédiés à la vérité contre la barbarie.

 

Proposé par Laurent, bassin sud-ouest, bibliothèque René-Guy Cadou