Roman de Ponthus et Sidoine

La carte d'identité du papier : le filigrane

Du latin filum, fil et granum, grain, le terme filigrane désigne, dans le cadre de la fabrication du papier, l'empreinte interne de la feuille de papier que l'on peut voir par transparence. Il constitue l'état civil du papier car il permet de connaître la date et le lieu de sa fabrication.

L'usage du filigrane apparaît en France vers 1330 puis s'impose au 16e siècle en parallèle de l'expansion des moulins à papier pour disparaître après 1830 à l'apparition des usines équipées de nouvelles machines à papier en continu. On ne retrouve, alors, la trace que dans le papier timbré, la monnaie et les éditions de luxe.

Les papetiers adoptent, comme motifs, des dessins inspirés de la vie quotidienne : armes, objets usuels, animaux, fleurs, armoiries, mains, emblèmes religieux...Ces marques commerciales faisant l'objet de nombreuses contrefaçons, ils prennent l'habitude d'ajouter une contremarque : initiales de leur patronyme, nom, armes de la ville où ils exercent...

La fabrication repose sur des cadres rectangulaires en bois fermés d'un côté par 15 à 20 minces tiges verticales, des pontuseaux, sur lesquelles on insère un réseau serré de fils transversaux en laiton, les vergeures. Les papetiers introduisent, ensuite, sur ce treillis, un motif dessiné par un fil de laiton cousu sur la trame. Les cadres sont, alors, plongés dans une cuve remplie de pâte. Les éléments solides forment ainsi un amas fibreux sur les vergeures et le filigrane en laiton.

Ces papiers sont dits vergés. À la fin du XVIIIe siècle, les pontuseaux et vergeures sont remplacés par une fine toile métallique ne laissant aucune trace discernable en transparence, on parle alors de papiers dits velins.

La bibliothèque du Patrimoine conserve, dans ses collections, un des 31 manuscrits connus du roman de Ponthus et Sidoine, roman de littérature amoureuse qui s'inscrit dans la pure tradition des romans de chevalerie très en vogue au XVe siècle. Ce manuscrit se révèle très intéressant du point de vue des filigranes car les pontuseaux et les vergeures sont visibles sur l'ensemble du document.

Sur de nombreux folios, on découvre 2 filigranes jumeaux apparaissant alternativement et représentant une main sortant d'une manche ornée de plis figurés par des rangées de 2 ou 3 cœurs posés tête-bêche. On reconnaît, également, une tête de bovidé portant entre les cornes, une hampe ayant au sommet 2 traits entrecroisés. Malheureusement, ces motifs ayant été très employés en France, comme à l'étranger, à l'époque, on ne peut définir avec exactitude l'origine du papier.

Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à parcourir le manuscrit sur Overnia ainsi que les ouvrages comme le Dictionnaire historique des marques du papier dès leur apparition vers 1282 jusqu'en 1600 de Charles-Moïse Briquet, spécialiste mondial des filigranes, ou L'ensemble de papiers artisanaux anciens, manuscrits ou vierges, réunis et classés par types de filigranes par Pierre Delaunay, spécialiste des papeteries d'Auvergne. 

Conseillé par Véronique

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