Scandale à l’Abbaye Saint-pierre de Beaumont

Luxe, calme et volupté : scandale à l’abbaye St Pierre de Beaumont en 1763-1764 !

Cette histoire de scandale prend place à l'ancienne abbaye Saint Pierre de Beaumont. Cette abbaye, fondée vers le 8e siècle pour certains, mais dont l'existence n'est attestée qu'à partir du 12e siècle, a vu se succéder de nombreuses religieuses, dont certaines issues de la noblesse et de la bourgeoisie locale, jusqu'à sa fermeture en 1790. Indigence et prospérité se succèdent selon les abbesses nommées à sa tête.

L'abbesse Marie-Gilberte de Chabannes à sa mort laisse une abbaye prospère et en bon état. C'est sous la direction de l'abbesse qui lui succède, Marie-Thérèse de Lantillac-Sédières, que le scandale éclate.

En 1763-64 plusieurs religieuses portent de graves accusations contre elle et sa sœur, Marie-Victoire de Lantillac-Sédières, alors cellérière. Elles sont accusées de népotisme, d'alcoolisme entraînant l'impiété, de travestissement, de frivolité avec des moines, avec lesquels elles partageraient dans leurs appartements privés de somptueux festins pour n'en sortir qu'aux heures les plus avancées de la nuit. Selon leurs accusatrices, elles entretiendraient également un peintre, un maître de danse et un perruquier, tout ceci sur les deniers économisés par celles qui les ont précédées. Sous l'effet de l'ivresse, l'abbesse ne pourrait semble-t-il pas assister aux offices...

Pendant ce temps là, les sœurs sont soumises à la règle de st Benoît très stricte (jeûne, pas de viande, dévouées au maigre toute l'année, les meilleurs fruits leur sont refusés), deux œufs et du lait souvent périmés sont la nourriture ordinaire du réfectoire.

Depuis sa jeunesse, Mme de Lantillac est sujette à des problèmes d'alcoolisme, et pour s'en sortir elle est soumise à ne boire que de la tisane. La prieure, la dame Motte se plaint auprès d'elle du retour de ses vieux démons, et lui rappelle la promesse qu'elle a faite de ne plus en consommer. Suite à cet évènement, cette dernière se retrouve soudainement exilée dans un autre établissement monastique.

Pour se défendre de toutes ces accusations, l'abbesse et sa sœur invoquent la calomnie et la diffamation de la part de ces « discoles ». Elle les accuse de mépriser la règle de St Benoît et affirme que « jusqu'en 1763 elle ne prenait de la tisane qu'à cause de son infirmité » et qu' « elle allait mieux depuis et donc peut boire du vin à nouveau ».

Sa défense est parfois légère face aux accusations, notamment par rapport aux achats importants de vin qui lui sont reprochés lors de l'accueil de sa famille pour la réconforter de toutes ces épreuves. L'avocat argumente en disant que « le vin de la Communauté ne pouvoit convenir à des gens accoutumés au Bourgogne : on leur en a servi, ainsi que quelques bouteilles de Champagne ».

Dans un premier temps, une enquête est menée sur ordre de l'Évêque de Clermont qui a pour conclusion de ménager l'abbesse et sa sœur. En 1768, après avoir ruiné le monastère, elle abandonne son abbatiat au profit de sa sœur qui en sera la dernière abbesse.

Malgré cet intermède scandaleux dû aux excès de Marie-Thérèse de Lantillac-Sédières, l'abbaye connut une vie plus tranquille et régulière jusqu'aux troubles de la Révolution.

Pour en savoir plus sur les factums.

Conseillé par Rachel


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