Shakespeare n'a jamais fait ça : récit

Auteur : Charles Bukowski
Editeur : Normandie roto impr.
Publié : 2012
Type de document : 10-Livres
Cote : b buko s
Résumé : Carnet inédit intime et de voyage de Henri Chinasky, le pseudonyme de Bukowski, lors de sa tournée promotionnelle en Allemagne et en France en 1978 avec sa femme Linda Lee. Ce texte, complété par des poèmes et parsemé de photographies, se moque en douceur de ce vieux nouveau monde qu'il observe.

Lors de la tournée promotionnelle de son dernier roman en Europe, Charles Bukowski griffonne le carnet de voyage de ses tribulations. Une dernière fois, il posera sur les petites choses, les choses qui font un tout - la couleur des cheveux d'une femme, les sentiments d'un violeur lorsqu'il mord un hamburger, le vol des pigeons  - son regard doux, dur et dingue...

BUKOWSKI a jeté tellement de bouteilles à la mer qu'on ne voit plus la mer... Il ne reste plus que les bouteilles... Le parrain des déshérités, des alcooliques, des losers, des prolos, des mythos, des cas sociaux, des barjots a-t-il un dernier hypercut à lancer à la face du monde? Ses héritiers ont-ils sorti de la naphtaline une œuvre posthume de l'auteur de « L'amour est chien de l'enfer », « Souvenirs d'un pas grand chose » ou « Les contes de la folie ordinaire » ou un pamphlet commercial du vieux dégueulasse qui crachait déjà dans la soupe du succès avec « Le capitaine est parti déjeuner» et « Women ». ?
« Shakespeare n'a jamais fait ça » est une friandise à consommer sans modération. La tendresse transpire au travers chaque critique, chaque révolte, chaque irritation. Le bonhomme, l'être humain, est bien là; planté sur deux quilles baguenaudant au gré d'un désordre éthylique. La provocation n'est plus gratuite, elle fleure la nostalgie. Le poète ne s'autodétruit plus; il fait son métier avec talent, il épure, trouve les mots, simples, fédérateurs et justes. Il nous inspire, il nous révèle, il nous rappelle le regard neutre, espiègle et passionné d'un enfant sur les injustices sociales et la beauté des petites choses qu'on pille et qu'on néglige. L'immigré râleur, trop laid et trop battu qui pressait déjà la médiocrité, la solitude et les déboires du travail alimentaire dans « Le postier », est définitivement un auteur à lire et à retraduire. Cruelle, sincère, drôle, sa poésie est d'une fulgurante émotion.

Conseillé par Christophe, bassin lecture C - Chamalières, Durtol, Orcines.