Volia Volnaïa

Auteur : Victor Remizov
Editeur : Belfond Paris
Publié : 2017
Type de document : 10-Livres
Cote : r rem
Résumé : Dans un village de Sibérie, les hommes sont pêcheurs ou chasseurs. Braconniers, ils aimeraient acheter une licence pour vendre légalement. En attendant, la milice les rackette jusqu'à ce que Kobiakov refuse de payer. Un groupe d'officiers de l'OMON, une unité spéciale antiémeute de la police russe, arrive dans le bourg pour rétablir l'ordre. Chacun va devoir choisir entre soumission et liberté.

Un roman d’une très grande richesse. Pas de personnage principal,  ici c’est la taïga dans l’immense Sibérie orientale qui tient la vedette. Les humains et les animaux vivent au gré de la nature, rarement de manière propre. De nos jours, dans cette Sibérie austère, les hommes gagnent toujours leur vie comme ils le peuvent, en stockant clandestinement des œufs de saumons par tonnes et en vivant d’orpaillage illégal. Les autorités sont au courant mais, tout se déroule bien tant que les flics et les miliciens se font graisser la patte : 20 % des bénéfices, de quoi arrondir les fins de mois. Stepane Kobiakov en a assez de refiler une partie de ses biens et veut le faire savoir. Une fusillade s’ensuit, voilà l’épine dorsale de ce roman fresque de 400 pages. C’est très sombre, ombrageux, polaire ;  les protagonistes sont taciturnes, charpentés, prennent de la place. Pour les paysages, on sent l’auteur très à l’aise pour les décrire, amoureux de ce qu’il tient à nous faire partager. Mais c’est aussi un livre sur la situation politique et sociale de la Russie sous POUTINE : corruption, pots de vin, mainmise des autorités sur les activités clandestines, chantage, violence, intimidations, abus de pouvoir, capitalisme sauvage, alcool à outrance. Le sujet de fond de ce superbe bouquin est la question suivante : jusqu’où l’homme peut-il aller pour sa liberté ? L’homme est-il apte à s’adapter au monde moderne, de surcroît dans une Sibérie encore très marquée par les âges anciens, les rites et les croyances ? REMIZOV impose son rythme, la lecture est lente, tendue, âpre. Révélation.

 

Proposé par Laurent, bibliothèque René-Guy Cadou