Dans ma bibliothèque il y a
Dans ma bibliothèque il y a ...
par Dalie Farah
Dalie Farah voue un amour inconditionnel aux bibliothèques. À celle de Croix-de-Neyrat qui a bercé son enfance et allumé en elle la passion de l'écriture, mais aussi à toutes celles qui l'abreuvent en histoires passionnantes, qui lui font vivre des scènes de vie émouvantes et qui l'accueillent pour des lectures musicales et autres ateliers littéraires en tout genre.
Quelle place ont les bibliothèques dans votre vie ?
Elles ont toujours été pour moi un refuge, un endroit où rien de mal ne peut m'arriver. C'est un des seuls lieux publics où je me sens "chez moi". La présence des livres m'émeut, me rend heureuse et j'adore faire l'expérience de l'infini dans les bibliothèques, me dire que toute ma vie ne sera jamais suffisante pour tous les lire. J'apprécie aussi les gens qui les fréquentent, j'observe discrètement ce qu'ils lisent, je saisis des moments de tendresse autour d'un livre entre un parent et un enfant par exemple...
Qui sont vos auteurs préférés en littérature, musique et cinéma ?
Cela revient à demander à une ogresse quel est son plat préféré, c'est impossible ! De manière générale, j'aime les livres qui ont de la mâche, je m'ennuie lorsqu'il ne se passe rien au niveau de l'écriture. Dernièrement, j'ai été retournée par La vie d'Abdèle, d'Izza Amar. L'histoire mêle tout ce que j'aime : une grande intensité, de la beauté, de la vitalité... Dans un autre genre, j'ai aimé relire récemment Le desert des Tartares, de Dino Buzzati.
Mon espace est le silence, mais j'écoute de la musique lorsque j'ai envie de chanter ou de danser. Dalida, Brel, Aretha... Quant au cinéma, je suis très difficile. J'apprécie les films qui ne laissent pas indemne et qui ne s'arrêtent pas au clap de fin. C'est le cas avec Miséricorde, d'Alain Guiraudie. Comme chez le coiffeur, l'art doit offrir un "avant/après". Nous faire gagner en vitalité. Une belle œuvre donne de l'appétit, c'est pour ça que je n'en ai jamais assez !
Est-il essentiel de transmettre le goût de la lecture aux enfants ?
On entend souvent dire que les jeunes ne lisent pas, mais ils sont dans un monde qui dévore tout leur temps d'ennui. On ne peut pas les accuser de ne pas réussir à se passer de leur téléphone lorsqu'en parallèle nos sociétés misent de plus en plus sur le numérique et que des entreprises développent des applications conçues pour rendre addict. Face à cela, la bibliothèque est un lieu de nourriture nécessaire pour l'enfant et l'adolescent. On y trouve à présent beaucoup de livres qui peuvent répondre à leurs questionnements intimes ou sociaux.
Des attentes particulières concernant la future Bibliothèque métropolitaine ?
Je suis par nature quelqu'un sans attentes, on a beaucoup plus de chance d'être réjoui quand on n'en a pas. La future Bibliothèque métropolitaine aura forcément de quoi me plaire. J'espère seulement qu'elle proposera des espaces qui fassent cocons de lecture et qu'on ressentira la présence matérielle des livres.
Propos recueillis par Daphnée Autissier, juin.2025
Crédit photo : Bouton production