1 / 14
A contre-science : Politiques et savoirs des sociétés contemporaines

Dominique Pestre
Paru en 2013 chez Seuil dans la collection La couleur des idées

Synthèse revisitant les grandes notions de l'histoire et de la philosophie des sciences en les replacant dans leur environnement économique, politique et sociétal. Illustrée d'exemples concrets, elle est complétée par une mise au point sur l'apport fondamental des "science studies" aux recherches internationales de ces dernières années.

2 / 14
Comme l'ombre qui s'en va

Munoz Molina, Antonio et Bataillon, Philippe
Paru en 2016 chez Seuil dans la collection Cadre vert

Le 4 avril 1968, James Earl Ray assassine Martin Luther King à Memphis et prend la fuite. Entre le 8 et le 17 mai de la même année, il se cache à Lisbonne où il tente d'obtenir un visa pour l'Angola. En octobre 2013, sur les traces de James Earl Ray dans la capitale portugaise, Antonio Muñoz Molina se remémore son premier voyage dans cette ville, en 1987, quand, mari et père immature, fuyant un travail médiocre, il essayait d'écrire son deuxième roman, une histoire d'amour sur fond de jazz et de roman noir, L'Hiver à Lisbonne.La fascinante reconstruction du séjour de l'assassin croise alors le passé de l'auteur, et les deux récits alternent. L'un, autobiographique, relate, à la première personne et sur un mode très intime, l'apprentissage de la vie et des mécanismes du roman ; l'autre, à la manière d'un thriller, témoigne de ce qu'est l'accomplissement de la fiction, quand, fondée sur le réel, elle va au-delà des faits pour entrer dans la conscience des protagonistes. Maître de sa création littéraire, Antonio Muñoz Molina imagine les peurs de l'assassin exhibant ses faux passeports, assiste à ses déambulations nocturnes dans les bars et les hôtels de passe, le suit pas à pas avant de revenir à Memphis pour tenter de savoir pourquoi il appuie le canon de son fusil sur la fenêtre des toilettes d'une pension misérable et exécute Martin Luther King au balcon du Lorraine Motel. En prestidigitateur, le grand écrivain espagnol fait entrer le lecteur dans le mystère de l'univers mental du tueur, où se mêlent racisme, misère, admiration pour les livres de science-fiction, et la certitude que l'on peut impunément tuer un Noir militant des droits civiques. "Comme l'ombre qui s'en va" est un livre important, hypnotique, qui prend le risque de mêler deux genres littéraires et, en dernière instance, expose la théorie du roman de l'auteur.

3 / 14
Dark lord (2) : Un démon en détresse

Thomson, Jamie et Sarda, Yves
Paru en 2015 chez Seuil

Alors que Dark Lord pense pouvoir enfin rentrer chez lui, c'est sa copine Suze qui est propulsée à sa place sur les Terres obscures, où elle se fait passer pour la Reine noire. Alors qu'elle doit faire face à une armée d'orques et de paladins fanatiques, Dark Lord, toujours bloqué sur Terre, doit continuer à aller au collège, tout en cherchant une solution pour aider son amie.

4 / 14
Des pierres dans ma poche

Khaouter Adimi
Paru en 2016 chez Seuil dans la collection Cadre rouge

La narratrice, une algérienne trentenaire, vit et travaille à Paris depuis quelques années. Ici, tout et tous devraient la séduire, pourtant, elle se retrouve souvent au petit matin sur un banc de la rue des Martyrs, auprès de Clotilde, "femme sans maison" qui parfois accepte de parler d'elle. Qui raconte l'amour et la douleur de l'amour. Assise à son côté, la jeune femme compte les pierres dans sa poche, les pierres suivent ses pensées, lui permettent d'égrener les obligations de la journée à venir. La plus désagréable est-elle de se retrouver au bureau à feindre le bonheur dans une ville étrangère ? Ou de répondre aux coups de fil incessants de sa mère qui se désespère de la savoir encore célibataire ? Ou bien la perspective de revenir en Algérie pour le mariage de sa soeur avec l'image détestable des gens qui quittent leur pays sans remords pour vivre là-bas ? A moins que le plus difficile, le plus obsédant, soit de devoir accepter le manque sidérant des amis d'enfance, de la révolte permanente contre un état autoritaire et absurde, de la lumière d'Alger aveuglante et enveloppante.

5 / 14
Eclipses japonaises

Éric Faye
Paru en 2016 chez Seuil dans la collection Cadre rouge

En 1966, un G.I. américain s'évapore lors d'une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées. Il est considéré comme « missing ».À la fin des années 1970, sur les côtes de la mer du Japon, hommes et femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent. Parmi eux, une collégienne qui rentrait seule de l'école, un archéologue qui s'apprêtait à poster sa thèse, une future infirmière qui voulait s'acheter une glace. « Cachées par les dieux », ainsi qualifie-t-on en japonais, ces victimes qui ne laissent aucune trace, pas un indice, et qui mettent en échec les enquêteurs. Une à une, les affaires sont classées, les familles abandonnées à l'incompréhension, les disparus oubliés.En 1987, le vol 858 de Korean Air explose en plein vol. Une des terroristes, descendue de l'avion lors d'une escale, est arrêtée. Elle s'exprime dans un japonais parfait. Pourtant, la police finit par identifier une espionne venue tout droit de Corée du Nord.Vingt-cinq ans après, les Japonais « cachés par les dieux » réapparaissent tels des spectres, sur les terres de Kim Jong-un.Puis, c'est au tour du G.I. de resurgir dans un téléfilm nord-coréen de propagande, où la CIA le voit interpréter un rôle d'Américain honni.Toutes ces affaires ont-elles un lien ?Si l'Histoire interviendra soudain pour résoudre le mystère de ces enlèvements, c'est Éric Faye qui, par la grâce du roman, pénètre l'imaginaire et la vie secrète de ces destins cabossés, absorbés, dévorés par un pays impénétrable et un régime ultra-autoritaire.

6 / 14
L'archipel d'une autre vie

Andreï Makine
Paru en 2016 chez Seuil dans la collection Cadre rouge

Aux confins de l'Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s'étendent des terres qui paraissent échapper à l'Histoire...Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartzev et ses compagnons doivent capturer à travers l'immensité de la taïga ? C'est l'aventure de cette longue chasse à l'homme qui nous est contée dans ce puissant roman d'exploration. C'est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu'il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée. La chasse prend alors une dimension exaltante, tandis qu'à l'horizon émerge l'archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l'amour.

7 / 14
La richesse cachée des nations : enquête sur les paradis fiscaux

Gabriel Zucman
Paru en 2017 chez Seuil dans la collection La République des idées

Ce document démonte les circuits de la finance offshore, de la Suisse aux îles Caïman, du Luxembourg à Singapour et chiffre pour la première fois les pertes de recettes que les paradis fiscaux et l'optimisation fiscale occasionnent pour l'Europe. L'auteur propose un plan concret pour taxer les centaines de milliards qui s'évaporent chaque année et démontre qu'il existe des solutions.

8 / 14
L'avènement du monde. Essai sur l'habitation humaine de la Terre : Essai sur l'habitation humaine de la Terre

Michel Lussault
Paru en 2013 chez Seuil dans la collection La couleur des idées

En un demi-siècle le monde est devenu le Monde. Avec cette majuscule, il ne s'agit pas de dire que le monde a changé sous l'effet de la mondialisation, mais d'affirmer qu'il est véritablement advenu, subvertissant les ordres anciens (Empires, États, villes, etc.) et les catégories intellectuelles qui nous permettaient de les penser. Il s'agit aussi de dire que la mondialisation est bien plus qu'une dynamique d'internationalisation, bien plus qu'un « contexte ». Qu'elle bouleverse tout et construit de nouveaux cadres de vie et d'organisation des sociétés humaines. Les mutations sont de tous ordres et l'on peine encore à stabiliser les analyses, ans doute parce que nos outils conceptuels, forgés au XIXe et au XXe siècle sont désormais largement inadaptés. Ce livre ambitieux souhaite sortir de cette impasse et cerner quelques-unes des forces instituantes et imaginantes du Monde, et en particulier l'urbain, parce que le Monde se manifeste d'abord et surtout par de nouvelles manières d'habiter la terre. Le Monde est une nouvelle organisation spatiale des réalités sociales, produisant des imaginaires inédits et contribuant à la création et à la diffusion d'images qui en elles-mêmes expriment la mondialité. Car, qui que nous soyons et où que nous nous trouvions, le Monde nous traverse de part en part en permanence : nous en sommes chacun tout à la fois, un produit, un jouet, un vecteur, un acteur. À partir de là, comment imaginer une « politique du Monde », quand on sait que l'avenir dépendra de notre capacité commune à garantir son habitabilité pour les décennies qui viennent ?

9 / 14
Les égarements de mademoiselle Baxter

Mendoza, Eduardo et Valentin, Delphine
Paru en 2016 chez Seuil dans la collection Cadre vert

Le détective fou cher à Eduardo Mendoza est mordu par un chien dans un jardin de Barcelone. Cette agression canine ramène à sa mémoire une aventure vieille de trente ans, alors qu'il était enfermé dans un asile. A l'époque, des hommes se réclamant d'un commissaire de police étaient venus le chercher pour lui confier une mission : ramener à sa propriétaire un petit chien perdu dans un jardin. Sa mission accomplie, le détective avait été arrêté et accusé d'avoir assassiné dans ce même jardin une apprentie mannequin. Ayant échappé à la police, il avait lui-même mené une enquête rocambolesque en compagnie de la señorita Westinghouse et de ses ami(e)s travestis, révélé une vaste affaire de blanchiment et d'évasion de capitaux, et permis l'arrestation du vrai criminel. Mais la morsure du chien réveille ses doutes quant à la conclusion de sa propre enquête et le détective, comme dans les meilleurs cold case des séries américaines, part à la recherche de ses anciens co- équipiers et reprend ses investigations dans une Barcelone où tout a changé, sauf la corruption.

10 / 14
Qu'est-ce que le vivant ?

Alain Prochiantz
Paru en 2012 chez Seuil dans la collection Les livres du nouveau monde

Face à la diversité du vivant et à sa plasticité, autrement dit à son extraordinaire capacité d'adaptation au milieu, comment lui donner une définition univoque et stable ? Si la biologie englobe l'homme, la spécificité de notre espèce ne remet-elle pas en cause le cadre naturalisant ou animalisant forgé pour appréhender l'objet de cette discipline ? Toute théorie du vivant se heurte nécessairement à ces questions fondatrices. Tenter de les résoudre revient dès lors non seulement à interroger les avancées de la biologie et, notamment, de la neurobiologie, mais aussi à confronter celles-ci aux autres sciences, avec lesquelles elles entretiennent des rapports complexes : chimie, physique et mathématiques en premier lieu, mais aussi sciences humaines et sociales. Si les frontières entre les unes et les autres sont plus malaisées à tracer qu'il n'y paraît, c'est à un dialogue renouvelé entre elles que nous invite cet essai, tout en récusant la simple transposition des modèles d'une discipline à l'autre. À travers les notions centrales d'évolution des espèces et des individus (individuation), cet ouvrage montre comment les résultats les plus récents de la recherche bouleversent notre compréhension du vivant. Au-delà, il pose la question de la place des sciences et de l'ensemble des pratiques culturelles dans notre compréhension du phénomène humain.

11 / 14
Une comédie des erreurs

Zink, Nell et Recoursé, Charles
Paru en 2016 chez Seuil dans la collection Cadre vert

Dans une petite université au fin fond de la Virginie, une jeune lesbienne idéaliste tombe amoureuse de son professeur de poésie, réputé pour ses frasques homosexuelles. Improbable mais pas impossible - nous sommes au milieu des années 1960 -, quoique peu recommandable. S'ensuivent quelques nuits d'amour torrides, une grossesse inattendue, un mariage à la va-vite, un deuxième enfant pour redresser le tir et, faute d'y parvenir, un ressentiment qui tourne à la haine mutuelle qui se transforme en envies de meurtre. Alors Peggy plaque mari et fils pour disparaître avec sa fille de trois ans dans une cambrousse du sud des États-Unis. Elles squattent une bicoque délabrée et vivotent sous les identités usurpées d'une femme noire et de sa fille. La petite Karen est pâle et blonde, et alors ? À cette époque-là et dans ces régions-là, une seule goutte de sang noir dans un arbre généalogique suffit à justifier d'une appartenance à la race considérée jusque peu comme inférieure. Ce qui arrange Peggy, car c'est la planque idéale. Mais échappe-t-on jamais à ses origines? Les hasards du destin rapprocheront les membres de cette famille ô combien dysfonctionnelle, pour le meilleur et pour le pire. Dans cette comédie inouïe d'audace et d'intelligence, les Blancs sont noirs, les riches sont pauvres, les homos hétéros et vice-versa. Bien-pensants, conservateurs, utopistes, narcissiques, hippies et intellos : tous se croiseront au détour de situations rocambolesques, et personne n'en sortira indemne. Avec Nell Zink, dîtes adieu au mythe américain des années 1960, et ne vous fiez jamais aux apparences.

12 / 14
Conversations avec Nathalie Sarraute

Causse, Rolande et Sarraute, Nathalie
Paru en 2016 chez Seuil

De 1985 à 1999, R. Causse a rendu régulièrement visite à Nathalie Sarraute. Dans ce livre, elle fait revivre leurs rencontres, rapporte leurs échanges sur le théâtre, la littérature, la peinture, leurs vies personnelles et publiques, etc. L'ouvrage est illustré de photographies familiales de N. Sarraute et ponctué de brefs textes puisés dans son oeuvre faisant écho à leurs propos.

13 / 14
Les eaux troubles du mojito : et autres belles raisons d'habiter sur Terre

Philippe Delerm
Paru en 2015 chez Seuil

Un recueil de nouvelles sur les plaisir transgressif du mojito, la surprise provoquée par l'averse, la perfection de la pastèque, la nostalgie, l'amour et le bonheur. Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire.

14 / 14
Les Mensch

Nicolas Couchepin
Paru en 2013 chez Seuil

Les Mensch : une famille normale, vivant dans un quartier normal, cultivant des craintes et des aspirations normales. Théo, le père, a peur de vieillir, Muriel, son épouse, craint de ne pas être la mère parfaite, Marie, leur fille, découvre qu'elle n'est pas éternelle, et Simon, son jeune frère, handicapé mental, aspire à une indépendance impossible. À l'approche des vacances d'été, Théo entreprend de déblayer la cave de la maison familiale autrefois comblée par sa mère pour s'y installer, lui et sa famille. Chacun a ses raisons d'accepter de s'enfermer, là en bas et chacun l'exprime, à sa manière : alors que les faits divers qu'affectionne et recense Théo dans un carnet sont autant d'indices de son désir d'une vie moins ordinaire, les listes et les mémos de Muriel cherchent au contraire à ancrer son existence et celle des siens dans la normalité; le "cher journal" que tient Marie l'accompagne dans ses premiers émois amoureux; quant à Simon, sa voix ne s'exprime qu'à travers celle des autres, il est la vie à l'état brut, absurde et belle de simplicité.