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L'oeil de l'histoire (3) : Atlas ou Le gai savoir inquiet

Georges Didi-Huberman
Paru en 2011 chez Normandie roto impr. dans la collection L'oeil de l'histoire / Paradoxe

Si l'on s'interroge sur le rôle des images dans notre connaissance de l'histoire, l'atlas "Mnémosyne" composé, et constamment démonté et remonté par Aby Warburg entre 1924 et 1929 ouvre un nouveau chapitre sur ce qu'on pourrait nommer, à la manière de Michel Foucault, une "archéologie du savoir visuel". Ce livre raconte, par un montage de "gros plans" plutôt que par un récit continu, les métamorphoses d'Atlas - ce titan condamné par les dieux de l'Olympe à ployer indéfiniment sous le poids du monde - en atlas, cette forme visuelle et synoptique de connaissance dont nous comprenons mieux, aujourd'hui, depuis Gerhard Richter ou Jean-Luc Godard, l'irremplacable fécondité. Au sommaire : I- Disparates "Lire ce qui n'a jamais été écrit". II- Atlas "Porter le monde entier des souffrances". III- Désastres "La dislocation du monde, voilà le sujet de l'art".

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L'oeil de l'histoire (4) : Peuples exposés, peuples figurants : L'oeil de l'histoire, 4

Georges Didi-Huberman
Paru en 2012 chez Normandie roto impr. dans la collection L'oeil de l'histoire / Paradoxe

On s’interroge, dans ce livre, sur la façon dont les peuples sont représentés : question indissolublement esthétique et politique. Les peuples aujourd’hui semblent exposés plus qu’ils ne l’ont jamais été. Ils sont, en réalité, "sous-exposés" dans l’ombre de leurs mises sous censure ou - pour un résultat d’invisibilité équivalent - "sur-exposés" dans la lumière artificielle de leurs mises en spectacle. Bref ils sont, comme trop souvent, "exposés à disparaître". À partir des exigences formulées par Walter Benjamin (une histoire ne vaut que si elle donne voix aux « sans noms ») ou par Hannah Arendt (une politique ne vaut que si elle fait surgir ne fût-ce qu’une « parcelle d’humanité »), on interroge ici les conditions d’une possible représentation des peuples. Cela passe moins par l’histoire du portrait de groupe hollandais et des « portraits de troupes » totalitaires que par l’attention spécifique accordée aux « petits peuples » par les poètes (Villon, Hugo, Baudelaire par exemple), les peintres (Rembrandt, Goya ou Gustave Courbet), les photographes (Walker Evans, August Sander ou, pour un exemple contemporain, Philippe Bazin). Le cinéma, quant à lui, nomme "figurants" ces "petits peuples" devant lesquels agissent et s'agitent les "acteurs principaux", les "stars" comme on dit. ... Analyse du travail de Pier Paolo Pasolini, ...éclairage des analyses d'Erich Auerbach (pour les formes poétiques), d'Aby Warburg (pour les formes visuelles) et d'Ernesto De Martino (pour les formes sociales) ... Au sommaire : I- Parcelles d'humanités. II- Portraits de groupes. III- Partages de communautés. IV- Poèmes de peuples. Epilogue de l'homme sans nom [film du Chinois Wang Bing"]